Projet OISEAU, quand écologie et économies s’associent en viticulture…

« La viticulture est en retard par rapport aux nouvelles technologies » déplorait Benjamin Banton il y a maintenant deux ans. Grâce à la volonté commune de Banton Lauret, Ertus Group et les Vignerons de Buzet, de lier innovation et respect de l’environnement, l’idée du projet OISEAU (OptimISation de l’Epandage AUtomatisé) est né en 2016. Ce projet de viticulture connectée vise à développer un système automatique permettant de réguler en temps réel, les doses de traitement et d’épandage. Il est alors soutenu par 6 partenaires (*) et, en partie financé, par le conseil régional.

Un projet aux bénéfices économiques et environnementaux.

Le projet OISEAU prend la forme d’une carte électronique reliée à une tablette géolocalisée, installée dans le tracteur. Cette carte contient une multitude de données, lui permettant de moduler automatiquement le flux de fertilisants ou de produits phytosanitaires déversés, en fonction du besoin de la parcelle travaillée. Des informations sont également collectées instantanément lors du travail du tracteur et permettent d’apporter des corrections lors du prochain passage.

Si ce projet voit le jour, cela permettrait d’une part d’éviter un excédent d’engrais sur des vignes suffisamment robustes et ainsi, de limiter le développement trop important de végétation, favorable aux maladies de la vigne ; d’autre part, il permettrait de diminuer, sur certaines parcelles, de 20% la quantité de produits phytosanitaires répandue lors des traitements.

© P. Cronenberger

Quels enjeux pour la viticulture ?

L’objectif premier de ce projet est de fournir une solution clé en main et simple d’utilisation aux viticulteurs. Le but est d’œuvrer activement dans le respect de l’environnement en réduisant considérablement l’utilisation de produits phytosanitaires par rapport à un programme « Optidose » classique. Cet ajustement quantitatif et qualitatif justifierait notamment une économie considérable par hectare de vigne. Par ailleurs, cette technologie permet de tracer en amont et en aval les interventions mais également, d’en avertir le voisinage.

Dans quelle mesure notre entreprise intervient dans la réalisation de ce projet ?

Notre société endosse un rôle important dans la réalisation et le développement de ce projet. En effet, l’entreprise est présente pour apporter son regard de « technicien » grâce à son expérience et ses connaissances des machines agricoles. Nous mettons également à disposition des ressources humaines et matérielles afin de réaliser des essais sur les parcelles. Apporter une solution permettant une meilleure gestion des effluents phytosanitaires tout en présentant un intérêt positif pour l’environnement est l’une des raisons qui nous tient à cœur. Faire progresser les techniques et être acteur des innovations du monde viticole est également un point essentiel pour la pérennisation de notre activité. Pour terminer, toujours soucieux du bien être salarial, nous sommes en constante recherche de solutions permettant d’améliorer le confort de travail de nos salariés.

Quel stade de développement, deux ans après le début du projet ?

Les deux premières années ont été consacrées à la recherche et la récupération de données végétatives sur différentes parcelles. Un gros travail a été réalisé en amont des premiers tests afin de créer un zonage cartographique et être en mesure d’établir des préconisations de doses à épandre. Un test sur la totalité d’un programme de traitement est attendu d’ici 2020. En attendant, la phase d’essai avec un pulvérisateur va débuter. « Il s’agira par exemple de vérifier si la carte électronique installée dans un boitier fixé au pulvérisateur exécute bien les consignes de modulation des doses. On vérifiera aussi si la carte électronique parvient à restituer correctement à la tablette toutes les informations liées aux traitements qui auront été effectués pour que l’applicateur puisse en disposer facilement, notamment pour assurer la traçabilité de ces épandages. » a déclaré Carine Magot, responsable vignoble à la cave des vignerons de Buzet. La période de tests qui va être mise en place aura donc pour objectif de vérifier si les vannes s’ouvrent et pulvérisent le produit conformément aux ordres donnés par la tablette.

Carine Magot, Responsable Vignoble à la Cave des Vignerons de Buzet

Pour conclure, ce projet constitue une véritable avancée technologique et environnementale pour le milieu viticole. Cependant, une étude économique va être effectuée afin de vérifier que les coûts générés par l’achat de cette technologie ne dépassent pas les économies réalisées sur l’utilisation de produits. Le projet arrive bientôt à maturité, reste à savoir s’il passera, avec succès ou non, le stade de la commercialisation prévue pour 2021.

(*) Partenaires du projet oiseau : Telespazio, IVF, Black Swan Technology, Banton Lauret, Vignerons de Buzet et Ertus Group.